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Logiciels et services — EU

Skyplanr transforme une phrase en plan de vol drone, avec 106 contrôles automatisés

Publié le (heure Europe/Paris) — Auteur : Rita Le Flock

Dronewatch Europe — “Inspect this building”: AI tool turns simple instructions into complete drone flight plans - Dronewatch Europe

Dronewatch Europe — “Inspect this building”: AI tool turns simple instructions into complete drone flight plans - Dronewatch Europe — source

Une phrase suffit pour obtenir un plan de vol complet

Skyplanr, développé par le télépilote et développeur norvégien Sander Helgesen, transforme une instruction en langage courant en plan de vol drone, avec points de passage, altitudes, angles de caméra, vitesses et réglages photographiques. L'utilisateur choisit un point sur la carte, sélectionne l'appareil qu'il compte faire voler, puis décrit la tâche. Écrire « Inspect this building » ou « Create a 3D model of this building » lance la génération. Des types de mission prédéfinis existent aussi : photographie immobilière, inspection, cartographie.

Un agent IA traduit la demande et intègre plusieurs paramètres du site : élévation du terrain, hauteur des bâtiments, hauteur des arbres, restrictions d'espace aérien, position du soleil. La météo entre également dans le calcul.

Sur une mission de cartographie 3D d'un gymnase, le plan proposé combinait une grille de prises de vue verticales et une seconde grille en angle oblique. Le plan consistait de 358 photographies au total, divisées en plusieurs vols batterie. Le logiciel avait calculé l'altitude nécessaire pour viser une résolution au sol d'environ 2 cm par pixel. Sur un autre essai, il a suggéré un point de décollage alternatif, des arbres se trouvant à quelques mètres de l'emplacement choisi au départ. Le plan livré explique ces arbitrages : point de décollage, altitude, réglages de caméra.

Une couche distincte valide ensuite le tracé. Selon le développeur, chaque mission est soumise à 106 contrôles automatisés portant sur le dégagement d'obstacles, l'altitude, la distance au point de décollage, la capacité de batterie et l'altitude de retour automatique. La météo, les restrictions d'espace aérien et les risques pour les personnes au sol entrent dans la vérification. Le trajet est contrôlé tous les deux mètres, et pas uniquement au niveau des points de passage.

La validation automatique ne transfère pas la responsabilité

Le découpage en deux étages est explicite : l'agent IA construit le plan, un système séparé le confronte à des critères prédéfinis. Le logiciel ne décide donc pas seul qu'une mission est sûre. Le télépilote reste responsable de la revue du plan, de la vérification des conditions du moment et de la conformité de l'opération à la réglementation applicable. Aucun élément publié ne décrit la façon dont l'outil s'articule avec une préparation SORA, ni comment les plans générés sont archivés ou tracés.

La fiabilité des 106 contrôles repose sur une déclaration du développeur. Le retour d'usage disponible porte sur un essai de cartographie mené par un journaliste spécialisé avec un DJI Mini 5 Pro, où la mission s'est construite en quelques clics. Ce matériau ne dit rien de la répétabilité du résultat sur des sites complexes, ni du comportement de l'outil quand les données de hauteur de bâtiments ou de restrictions d'espace sont incomplètes.

Un plan validé en amont ne protège pas non plus des évolutions de dernière minute : la présence de personnes au sol, un changement de vent ou une zone temporairement interdite se contrôlent sur site, avant décollage.

Drones, exports et place dans la chaîne de traitement

L'utilisateur désigne lui-même l'appareil visé par le plan. L'essai documenté utilise un DJI Mini 5 Pro ; la liste des modèles pris en charge n'est pas publiée. Les formats d'export du plan, les conditions de licence et le mode de tarification ne sont pas documentés dans la présentation de l'outil. L'accès se fait depuis une carte sur laquelle on sélectionne la zone, sans qu'un logiciel de bureau soit requis d'après la démonstration publiée.

La sortie de Skyplanr s'arrête à la mission de vol. Le traitement des images capturées relève d'une autre étape. Reconstruct, par exemple, transforme les images ou vidéos standard et 360 d'un chantier en modèle 3D mesurable et explorable. Les photos ou vidéos 360 et standard y sont converties automatiquement en plans d'étage, orthophotos, nuages de points 3D et modèles maillés. La chaîne couvre la capture par drone, caméra 360 et smartphone. Rien n'indique dans les éléments publics que Skyplanr s'interconnecte à ce type de plateforme : le passage du plan de vol au modèle 3D reste une opération distincte, à organiser par l'exploitant.

Les exploitations où le gain de préparation se voit

L'outil s'adresse d'abord aux opérations répétitives et cadrées : inspection de toiture, relevé 3D d'un bâtiment, cartographie d'une emprise. Sur ces missions, la saisie manuelle de points de passage et le réglage individuel des paramètres photo constituent l'essentiel du temps de préparation, et une instruction en langage courant remplace cette étape.

Les prestataires qui enchaînent plusieurs sites par semaine trouvent là un moyen de réduire le temps passé devant l'écran avant chaque vol. La génération d'un plan de 358 photos réparties sur plusieurs batteries illustre le type de configuration où le calcul manuel devient vite fastidieux.

Les exploitations à faible volume, ou très éloignées des missions standardisées, gagnent moins : le contrôle du plan généré, la lecture des explications fournies et la vérification réglementaire subsistent, quel que soit le nombre de missions annuelles. Sur un site urbain dense, où l'analyse de risque et les autorisations pèsent plus lourd que le tracé des points de passage, l'automatisation déplace le travail sans le supprimer.

Questions fréquentes

Quels contrôles l'outil applique-t-il au plan généré ?

Selon le développeur, chaque mission passe 106 contrôles automatisés : dégagement d'obstacles, altitude, distance au point de décollage, capacité de batterie, altitude de retour automatique, météo, restrictions d'espace aérien et risques pour les personnes au sol. Le trajet est vérifié tous les deux mètres, pas seulement aux points de passage.

Le plan généré décharge-t-il le télépilote de sa responsabilité ?

Non. Le pilote reste responsable de la revue du plan de vol, de la vérification des conditions au moment du vol et de la conformité de l'opération à la réglementation applicable.

Quels drones et quels formats d'export sont pris en charge ?

L'utilisateur sélectionne l'appareil visé ; l'essai publié utilise un DJI Mini 5 Pro. La liste des modèles compatibles, les formats d'export et les conditions de licence ne sont pas documentés dans la présentation de l'outil.

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