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Réglementation — Belgique

Préparer un vol de drone en Belgique : cartes, géozones et autorisations

Publié le (heure Europe/Paris) — Auteur : Rita Le Flock

SPF Mobilité et Transports (DGTA) — visuel de la page drones de l'autorité fédérale

SPF Mobilité et Transports (DGTA) — visuel de la page drones de l'autorité fédérale — source

Préparer une mission en Belgique demande trois choses que l'on confond souvent : une carte officielle des zones réglementées, un guichet pour obtenir l'autorisation d'y voler, et un dossier d'exploitant en règle. Les trois existent, ils sont publics et gratuits, mais ils ne se valent pas et ne se remplacent pas. Voici ce que chacun fait, les délais réels, et les applications privées qui viennent s'y ajouter.

Trois services publics, trois rôles distincts

skeyes — page « Voyez où vous pouvez voler avec votre drone »

skeyes — page « Voyez où vous pouvez voler avec votre drone » — source

La carte de référence est Droneguide, publiée sur map.droneguide.be. La Direction générale Transport aérien (DGTA) y publie les zones géographiques UAS au titre de l'article 15 du règlement d'exécution (UE) 2019/947. Le contenu de ces zones : limites, planchers, plafonds, horaires d'activation, conditions d'accès : est fixé par l'arrêté ministériel du 21 décembre 2020, modifié depuis à plusieurs reprises. L'application est exploitée par skeyes, qui en confie le moteur cartographique à la société anversoise Unifly.

Chaque zone a un gestionnaire désigné, chargé de délivrer les autorisations de vol préalables selon des procédures écrites que la DGTA supervise. Cela explique le nombre de guichets différents : skeyes pour les approches des aéroports de Bruxelles, Anvers, Charleroi, Liège, Ostende et pour la RMZ de Courtrai-Wevelgem ; la Défense pour ses emprises et ses zones d'entraînement ; d'autres gestionnaires pour les aérodromes non contrôlés, les héliports, les terrains de modélisme, les zones d'essai UAS, le port d'Anvers-Bruges et les domaines royaux. Les prisons et les installations nucléaires imposent en plus des moyens techniques : géo-conscience et identification directe à distance du télépilote.

Deuxième brique, l'outil Drones & Aerial Activities (DAA), développé par SkeyDrone, filiale de skeyes. Il ne couvre pas la Belgique entière : uniquement les six géozones de skeyes et les zones gérées par la Défense. Le module Planner sert à déposer et suivre l'opération, le module Fly à la confirmer le jour J, à signaler le décollage, l'atterrissage et la clôture.

Troisième brique, le Drone Portal de la DGTA, accessible par eID ou itsme. Il porte l'enregistrement de l'exploitant : obligatoire dès 250 g, ou dès qu'un capteur peut enregistrer des données personnelles -, l'examen en ligne A1/A3, les déclarations de scénario standard, les demandes d'autorisation d'exploitation en catégorie spécifique et les dossiers LUC. Le portail délivre un numéro d'exploitant de la forme BEL suivi de treize caractères, à apposer sur chaque drone.

La distinction à retenir : une autorisation de géozone vient du gestionnaire de la zone, une autorisation d'exploitation vient de la DGTA. Un vol peut exiger les deux.

Les délais du DAA, et ce qu'ils imposent vraiment

Unifly — interface cartographique utilisée pour Droneguide

Unifly — interface cartographique utilisée pour Droneguide — source

Les cinq géozones d'aéroport sont découpées en trois sous-zones VLL (very low level) selon la distance aux pistes, la RMZ de Courtrai en deux. Le calendrier dépend de la sous-zone, et il est plus court que ce que beaucoup d'opérateurs imaginent.

Le dépôt d'une opération se fait entre la veille et trois heures avant le début prévu, pour VLL0, VLL1 et EBKT RMZ1. En VLL2 et EBKT RMZ2, la demande est traitée automatiquement à H-3. L'instruction elle-même peut prendre du temps : selon la sous-zone, le retour arrive immédiatement ou jusqu'à huit jours ouvrables plus tard. Déposer la veille au soir une opération en VLL0 revient donc à jouer à la loterie.

Une fois la pré-autorisation obtenue, une confirmation explicite est exigée pour VLL0, VLL1 et RMZ1 : elle s'ouvre la veille et se ferme trois heures avant le vol. En VLL2, elle est automatique. Puis vient l'autorisation tactique, le jour J. En VLL0, en VLL1 et dans la VLL2 bruxelloise au-delà de 150 pieds au-dessus du niveau de l'aérodrome et à plus de 50 mètres d'un obstacle, il faut contacter le contrôle aérien trente minutes avant le début de l'opération, par radio VHF ou par téléphone. Ailleurs, l'autorisation est accordée sans contact, le contrôle pouvant rappeler le télépilote pour donner des consignes.

Pendant le vol, le module Fly impose trois notifications : décollage, atterrissage, clôture. Un opérateur peut décoller et atterrir plusieurs fois dans sa fenêtre, mais il doit clôturer pour libérer l'espace.

Le volume donne la mesure de l'activité : skeyes a accordé 16 381 autorisations de vol en 2024 dans ses CTR et la RMZ de Courtrai, en hausse de 6 % sur un an. Depuis juin 2025, l'entreprise est certifiée fournisseur de service d'information commun (CISP), la brique qui échange les données entre aviation habitée et non habitée. Sur les grands sites industriels, la chaîne se privatise : le port d'Anvers-Bruges exploite un UTM développé par Unifly avec SkeyDrone, avec ses propres conditions d'accès.

Comparatif des outils disponibles pour la Belgique

SafeSky — application de conscience du trafic aérien

SafeSky — application de conscience du trafic aérien — source

Aucun outil ne remplace les autres. La colonne des limites compte autant que le prix : c'est là que se logent les mauvaises surprises du jour J. Prix relevés en novembre 2026.

OutilCe qu'il faitPrixPoints fortsLimites
Droneguide (web et application)Carte nationale des géozones, conditions d'accès, activations planifiéesGratuitSource officielle DGTA, calque prévisionnel jusqu'à 30 jours, livre de bord dans l'application mobileN'intègre pas la demande d'autorisation hors zones skeyes ; l'état d'activation doit être revérifié avant décollage
DAA Planner et DAA FlyDépôt et suivi des autorisations dans les zones skeyes et Défense, confirmation et autorisation tactiqueGratuit, fourni par skeyesValidation automatique en VLL2, notification de décollage intégrée, équipage et drone enregistrés une foisRestreint aux zones skeyes et Défense ; dépôt entre J-1 et H-3 seulement, instruction jusqu'à 8 jours ouvrables
Drone Portal (DGTA)Enregistrement de l'exploitant, examen A1/A3, déclarations STS, autorisations spécifiques, LUCGratuitVoie officielle unique, accès par eID ou itsme, numéro d'exploitant valable dans toute l'UEErgonomie austère ; l'instruction d'une autorisation spécifique se prépare des semaines à l'avance
DJI Fly Safe et GEO ZoneAffichage des zones dans l'application et dans le drone, blocages éventuelsGratuit, intégré au matérielAlerte immédiate au pilote, sans configurationGéozones importées de Droneguide sans statut d'activation ni conditions d'accès
SafeSky et SafeSky SentinelConscience du trafic (ADS-B, FLARM, Mode S), partage de la position de l'opérationGratuit ; Premium à 34,99 € TTC par anAgrège une trentaine de sources de trafic, Sentinel gratuit pour les équipages droneNe dit pas où voler ; l'efficacité dépend de la participation des autres aéronefs
Drone Assist (Altitude Angel)Planification, NOTAM, zones, dépôt de demandes d'approbationGratuit ; approbations selon les servicesInterface rodée, calques NOTAM et dangers au solDonnées pensées pour le Royaume-Uni, couverture belge générique
NOTAM skeyes AIM-METEO et EADRestrictions temporaires : événements, exercices, visites d'ÉtatGratuit, compte EAD requisSeule source fiable des restrictions du jourLecture aéronautique, pas de rendu orienté drone
Unifly (carte et UTM portuaire)Moteur cartographique derrière Droneguide ; UTM du port d'Anvers-BrugesConsultation publique gratuite ; UTM sur devisSocle utilisé par l'ANSP belge, brique UTM pour sites sensiblesVersion publique en lecture seule ; l'UTM vise les grands exploitants

La chaîne minimale tient en trois gestes : vérifier la géozone sur Droneguide, déposer l'opération dans DAA si la zone le réclame, joindre le gestionnaire pour les zones non-skeyes. Les applications privées viennent après, comme aides à la préparation ou à la surveillance, jamais comme source de vérité réglementaire.

Ce que les cartes privées ne savent pas dire

SkeyDrone — les géozones belges importées dans la carte DJI

SkeyDrone — les géozones belges importées dans la carte DJI — source

DJI a aligné sa carte GEO Zone sur les données belges : les géozones de Droneguide sont importées et affichées comme zones d'avertissement renforcé. Le constructeur le reconnaît, cette intégration ne transporte ni l'état d'activation ni les conditions d'accès. Un pilote qui se fie au vert de son écran de contrôle peut donc décoller dans une zone active sans autorisation. SkeyDrone, qui a documenté ce basculement, rappelle que la vérification sur Droneguide reste obligatoire.

Les outils de conscience du trafic répondent à une autre question, celle de savoir qui vole autour. SafeSky, société belge, agrège l'ADS-B, le FLARM et plusieurs réseaux partenaires ; son application Sentinel, gratuite, est dédiée aux équipages drone. Utile en zone non contrôlée, inutile pour savoir si l'on a le droit de décoller. Drone Assist, très complet au Royaume-Uni, reste générique en Belgique et ne remplace pas les données de l'ANSP.

Deux angles morts subsistent, que les géozones aériennes ne couvrent pas. Le premier est temporaire : les NOTAM publiés par skeyes via son briefing AIM-METEO, et par EUROCONTROL via EAD, portent les fermetures liées à un événement ou à un exercice, y compris dans des zones libres la veille. Le second est régional et relève du droit de l'environnement. En Wallonie comme en Flandre, le survol des réserves naturelles dépend d'une autorisation du gestionnaire du site : le Département de la nature et des forêts ou le propriétaire pour les réserves domaniales et agréées côté wallon, l'Agentschap voor Natuur en Bos côté flamand. Ces règles n'apparaissent pas dans Droneguide parce qu'elles ne relèvent pas de l'espace aérien. Un dossier complet les vérifie séparément, avec le gestionnaire du site.

La séquence, du bureau au décollage

L'enregistrement de l'exploitant se fait une fois, sur le Drone Portal, et le numéro BEL s'appose sur les aéronefs. Vient ensuite la vérification de la géozone à l'adresse exacte du chantier, pas à l'échelle de la commune : Droneguide permet de rechercher une adresse et affiche les conditions d'accès de chaque zone concernée.

Si le point de décollage tombe dans une zone skeyes ou Défense, l'opération se crée dans DAA Planner avec l'operator-admin, le télépilote, l'UAS, la zone et les documents demandés. Le dépôt se fait entre J-1 et H-3, plus tôt si la zone est en VLL0 ou VLL1. La confirmation suit, puis le contact avec le contrôle trente minutes avant le vol lorsque la zone l'exige.

Le jour J, la routine tient en quatre contrôles : NOTAM et restrictions temporaires, état d'activation de la géozone, météo et espace aérien local, moyens d'identification à distance actifs. Le module Fly enregistre le décollage, l'atterrissage et la clôture. Restent le journal de bord et l'assurance, que le gestionnaire de zone peut demander en cas de contrôle.

Date de vérification : 4 novembre 2026. Les délais du DAA, les prix des applications privées et la liste des gestionnaires de géozones évoluent ; les sources ci-dessous font foi.

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour voler près d'un aéroport belge ?

Oui. Les cinq géozones d'aéroport gérées par skeyes et la RMZ de Courtrai-Wevelgem sont découpées en sous-zones VLL. L'accès passe par une demande dans l'outil DAA, déposée entre la veille et trois heures avant le vol, avec confirmation puis, en VLL0 et VLL1, un contact avec le contrôle aérien trente minutes avant le décollage.

Droneguide suffit-il pour savoir si je peux décoller ?

Droneguide donne les zones et leurs conditions d'accès, mais pas les restrictions temporaires publiées par NOTAM, ni les règles environnementales locales comme l'accord du gestionnaire d'une réserve naturelle. Ces vérifications se font séparément.

La carte de mon drone DJI remplace-t-elle Droneguide ?

Non. DJI importe les géozones belges comme zones d'avertissement, sans l'état d'activation ni les conditions d'accès. La vérification sur Droneguide reste obligatoire.

Combien coûtent ces outils ?

Droneguide, le DAA et le Drone Portal sont gratuits. Les applications privées ajoutent des options payantes, comme SafeSky Premium à 34,99 € TTC par an.

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