Usages professionnels — PL
En Pologne, les secouristes des Tatras testent un drone qui décolle sans pilote
Un dock automatique au départ des opérations des Tatras

Le service de secours volontaire TOPR (Tatrzańskie Ochotnicze Pogotowie Ratunkowe) équipe ses équipes de matériel DJI Enterprise. Le DJI Dock 3 est déjà en service dans les Tatras. Le service teste désormais le DJI Dock 4 dans le cadre d'un programme pilote présenté le 3 novembre 2026. Le principe tient en une phrase : un dock installé sur un toit lance un drone dès qu'une alerte est reçue, sans qu'un télépilote ait à se rendre sur place.
Le drone envoyé en éclaireur est un DJI Matrice 5TD. Il part vers la zone d'accident pendant que les secouristes rassemblent leur matériel. Marcin Józefowicz, secouriste TOPR et responsable de Cybertech, situe la contrainte de départ : constituer une équipe et rejoindre un départ de sentier à pied peut prendre jusqu'à deux heures. Certains points du massif ne sont accessibles ni en voiture, ni à vélo, ni en motoneige en hiver.
Relais sur les sommets et vision thermique de nuit

La montagne coupe les liaisons. Les crêtes et les vallées profondes bloquent la transmission vidéo et réduisent la distance entre le drone et sa station de contrôle. TOPR a installé un réseau de stations au sol DJI O4 sur des tours d'observation et des sommets éloignés. Le drone passe d'une station à l'autre. Ce maillage étend les vols vers les vallées voisines, toujours selon Józefowicz.
Deux équipements pèsent sur le travail de nuit et sur le contact avec la personne bloquée. La fusion thermique du Matrice 5TD superpose l'image thermique et l'image visible : les opérateurs repèrent les lampes frontales des randonneurs et lisent le terrain autour. Le haut-parleur embarqué sert à donner des consignes et à demander si la personne a besoin d'aide ; elle répond par gestes. Sur le Dock 4, le changement de batterie est automatisé et prend 25 secondes.
Ce que le départ à pied ne donnait pas

Avant, l'équipe partait sans savoir. Le flux vidéo déplace la décision en amont : les officiers de permanence établissent si quelqu'un a réellement besoin d'être secouru, combien de volontaires envoyer et avec quel matériel. Des départs inutiles sont évités, et les équipes ne montent pas sans les ressources adaptées.
Le cas italien donne l'ordre de grandeur du temps perdu. Nicola Ivaldo, chirurgien orthopédiste de 66 ans, est parti seul un dimanche de septembre 2024 sans indiquer sa destination. Sa voiture a été retrouvée à Castello di Pontechianale, dans la Valle Varaita. Les secouristes ont supposé qu'il avait visé le Monviso, à 3 841 m, ou son voisin le Visolotto, à 3 348 m. Plus de cinquante sauveteurs ont ratissé la zone à pied pendant près d'une semaine, avec des rotations d'hélicoptère. Les premières neiges de fin septembre ont fait abandonner les recherches. En juillet 2025, la fonte a permis de reprendre. Deux drones ont volé cinq heures et couvert 183 hectares, avec plus de 2 600 photos haute résolution analysées par un logiciel le jour même. Trois jours après la reprise, le corps était retrouvé dans un couloir de la face nord du Monviso, vers 3 150 m, à un point signalé par l'IA : un casque rouge. La recherche portait sur un corps, pas sur une personne vivante. Le drone polonais, lui, intervient pendant l'alerte.
La Pologne n'en est pas à son premier usage. En 2021, un logiciel développé par une société issue de l'université de Wrocław a participé à la découverte d'un homme de 65 ans disparu dans le Beskid Niski, dans le sud-est du pays.
Ce qui se transpose d'un massif à l'autre

Deux principes voyagent : envoyer un aéronef avant l'équipe, et accepter que le premier regard ne soit pas humain. Le maillage de relais se copie mal, parce qu'il dépend des tours et des sommets disponibles dans chaque massif. Le dock suppose un toit, une alimentation et un accès.
Le reste de l'Europe travaille sur d'autres briques. Le projet START2 Living Lab, financé par Interreg VI-A Italie-Autriche, dispose d'un budget total de 1 235 497 euros, dont 882 734 euros cofinancés par le Fonds européen de développement régional. Il court de janvier 2026 à décembre 2028 et a testé dans les Dolomites des drones cargo pour l'évacuation : des temps réduits jusqu'à trois fois, des contraintes vibratoires sur le patient jusqu'à dix fois plus faibles qu'un transport au sol, et une procédure de chargement pendant que l'appareil reste en vol stationnaire. Le cadre réglementaire du transport de personnes évolue encore ; celui du transport de matériel est opérationnel.
Sur le vol hors vue, la question reste ouverte. Un dock qui envoie un drone vers une vallée sans télépilote sur zone relève du BVLOS. Le dispositif polonais est présenté comme un pilote. En Pologne, au 4 novembre 2026, aucune autorisation de vol hors vue récurrente n'est annoncée pour ce programme.
Questions fréquentes
Quel drone le TOPR envoie-t-il en premier sur une alerte ?
Un DJI Matrice 5TD, lancé depuis un dock automatique installé sur un toit. Il embarque un haut-parleur pour donner des consignes et une fusion thermique pour repérer les lampes frontales de nuit.
Comment la liaison vidéo tient-elle dans les vallées des Tatras ?
Par un réseau de stations au sol DJI O4 posées sur des tours d'observation et des sommets éloignés. Le drone passe d'une station à l'autre, ce qui étend les vols vers les vallées voisines.
Le vol hors vue est-il autorisé de façon permanente en Pologne ?
Le dispositif TOPR est un programme pilote. Aucune autorisation de vol hors vue récurrente n'est annoncée à la date du 4 novembre 2026.
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