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UAV Show 2026 : le salon drones de Bordeaux change de dimension

Un salon qui change de surface

Le rideau est tombé sur la 9e édition de l'UAV Show. Du 7 au 9 octobre 2026, le Palais 2 l'Atlantique de Bordeaux a accueilli 140 exposants sur plus de 7 000 m², puis le Demo Day s'est déroulé sur l'aérodrome de Sainte-Hélène, opéré par le CESA Drones. Les organisateurs, Bordeaux Technowest et Bordeaux Events and More, annoncent 4 500 professionnels, soit une fréquentation en hausse de 31 % par rapport à 2025. Pour une manifestation passée au rythme annuel cette année, c'est un changement de taille.
Cinq chiffres résument l'édition : 140 exposants, +50 % de surface d'exposition, plus de 7 000 m², 4 500 professionnels et 12 démonstrations en vol. Le retour de Thales et Safran, absents des éditions précédentes, a fait l'événement, aux côtés de Delair, TEKEVER, Hologarde, FLY-R, DSV, KNDS France et Dassault Systèmes.
La fréquentation a progressé de 31 % sur un an, après une édition 2025 déjà en hausse de 50 %. Le format en deux temps explique une partie de cette dynamique : deux jours de stands et de conférences au Palais 2 l'Atlantique, puis une journée entière de vols réels sur un terrain d'essais. Les organisateurs ont d'ailleurs confirmé la suite : rendez-vous à l'automne 2027, avec une ouverture au maritime et au terrestre. Autrement dit, l'UAV Show ne veut plus être un salon du seul drone aérien.
Hercules 100, l'annonce la plus spectaculaire

La nouveauté la plus commentée vient de Drone Volt, qui a dévoilé en vol son Hercules 100 le 9 octobre à Sainte-Hélène. Le constructeur francilien annonce 100 kg de charge utile pendant 30 minutes, avec une masse maximale au décollage de 197 kg. L'engin est un octocoptère à redondance de motorisation, avec contrôleur de vol à triple redondance, GPS RTK, radar d'évitement d'obstacles et LiDAR de suivi du terrain. Deux batteries solid state 24S l'alimentent, pour une vitesse maximale de 36 km/h en mission.
La plateforme est repliable (1 660 × 1 060 × 720 mm) et se transporte dans un pick-up, ce qui permet de la déployer depuis une zone avancée. Elle accepte un treuil automatisé de 80 kg, pour déposer une charge sans atterrir, ou un crochet avec élingue de 30 mètres. Sur le terrain, la démonstration a surtout porté sur la stabilité : malgré une charge de 100 kg sous élingue, le ballant était compensé en temps réel et le largage s'est fait sans à-coup visible.
Deux réserves, que le constructeur ne cache pas. D'abord, l'autonomie de 30 minutes est une valeur annoncée, qui dépendra de la météo et des conditions d'exploitation. Ensuite, l'usage civil suppose de passer la barrière réglementaire : Drone Volt travaille sur les premiers CONOPS et sur leur évaluation selon la méthode SORA, préalable aux demandes d'autorisation en catégorie spécifique. Les premiers utilisateurs attendus sont les armées et la sécurité civile, pour l'acheminement de pompes, tuyaux, matériel médical, batteries ou vivres vers des sites isolés.
Anti-drones, le sujet qui domine le salon

Difficile de traverser les allées sans tomber sur une solution de lutte anti-drones. Le programme de conférences y consacrait une table ronde explicitement présentée comme « hautement duale », avec la Chaire Défense et Aérospatiale de l'Université de Bordeaux, Dassault Systèmes et le 61e Régiment d'Artillerie. Le Demo Day a enchaîné les séquences de détection et de neutralisation avec Hologarde et MyDefence, et la démonstration de TEKEVER sur son drone tactique AR3.
Deux annonces méritent d'être isolées. Hologarde (filiale du groupe ADP) présentait Orange Drone 360, développé avec Orange Business, une offre de lutte anti-drones « as a service » qui s'appuie sur l'infrastructure télécom de l'opérateur. À côté, la société expose HoloSafe pour la protection d'infrastructures critiques et Clearance pour la gestion des missions et des autorisations de vol. Chez les jeunes pousses, SkyKraken, incubée par Bordeaux Technowest, montrait un détecteur portable en valise, réception passive RF, Wi-Fi et Bluetooth, déployable en moins de cinq minutes et capable de localiser le pilote au sol.
Le discours des exposants traduit une bascule de marché. La menace évolue plus vite que les moyens de détection disponibles, et les drones à commande par fibre optique, silencieux en radiofréquence, sont cités comme le prochain obstacle. Second constat, la protection anti-drones reste concentrée sur les grands sites capables d'investir plusieurs centaines de milliers d'euros. Rendre la détection mobile et abordable devient un argument commercial à part entière.
Ce qu'il reste aux usages civils

Côté civil, pas de rupture technologique fracassante, mais des usages bien identifiés. Les drones de pulvérisation et de lutte contre les incendies étaient représentés par Aeotic, avec un drone spray-pompier et un drone « frelon ». La surveillance périmétrique par drone du programme Pandrone AI, porté par l'ESTIA et présenté sur le stand de Bordeaux Technowest, illustre la même logique : des briques autonomes conçues pour des sites industriels et aéroportuaires, transposables ailleurs. Le cargo a aussi eu droit à sa démonstration avec SkyDrone Robotics, sur les manœuvres d'emport et de largage de charges.
Neuf startups accompagnées par la technopole exposaient sur le pavillon collectif : Atelier Silfra, Digipair, ETIK Innovation, INDROX, Outrevol, SkyKraken, Stratomaps, Thucya et x721 France. On y trouvait des hélices FPV fabriquées en France, de la cartographie, de la détection. Pour un opérateur d'inspection ou de cartographie, ce sont ces briques, plus que les plateformes militaires, qui font la valeur d'un déplacement à Bordeaux.
Reste une question de proportion. Avant le salon, le directeur de Bordeaux Technowest chiffrait la répartition des exposants à environ 60 % orientés défense, 25 % à double activité et 15 % principalement civils. Après l'édition, l'organisation parle de plus de 80 % de l'offre d'exposition relevant de la défense et du dual. Les deux mesures ne portent pas exactement sur le même périmètre, mais la tendance est nette. Les briques techniques utiles au civil (autonomie, navigation sans GPS, communications sécurisées, IA embarquée) sont désormais développées d'abord pour des besoins de défense.
Un point de vigilance pour finir sur les chiffres de fréquentation : les 4 500 professionnels et les 140 exposants viennent des organisateurs. Le comptage inclut les exposants et les délégations, et ne permet pas de mesurer la part des visiteurs strictement civils.
Cinq conventions ont par ailleurs été signées pendant le salon, qui engagent Bordeaux Technowest sur la durée. La plus structurante court jusqu'en 2030 avec l'Aéroport de Bordeaux : recherche collaborative, coopération régionale sur d'autres aérodromes, sourcing technologique et partage d'expertises. Dès 2027, l'aéroport doit rejoindre le programme JONCTION, et l'étude d'un consortium autour de la lutte anti-drones est prévue. Les quatre autres signatures concernent Aerospace Valley, l'UIMM Gironde-Landes, la Communauté de Communes des Grands Lacs et les Jeunes IHEDN. La convention avec l'UIMM porte un projet concret : La Forge, incubateur de startups industrielles installé à la Maison de l'Industrie à Bruges, devient le dixième site technopolitain de Bordeaux Technowest. Pour un porteur de projet drone qui cherche un atelier et des compétences de production, c'est sans doute l'information la plus utile de la semaine. Reste à voir si l'ouverture au maritime et au terrestre annoncée pour 2027 élargit réellement le public, ou si elle prolonge la même trajectoire de dualisation.
Questions fréquentes

Quand et où s'est tenu l'UAV Show 2026 ?
Du 7 au 9 octobre 2026, au Palais 2 l'Atlantique de Bordeaux pour les deux premières journées, puis sur l'aérodrome de Sainte-Hélène pour le Demo Day du 9 octobre.
Combien de visiteurs et d'exposants ?
Plus de 4 500 professionnels et 140 exposants selon les organisateurs, sur plus de 7 000 m² d'exposition, avec 12 démonstrations en vol.

Quelles nouveautés ont été présentées ?
Le drone cargo Hercules 100 de Drone Volt, dévoilé en vol avec 100 kg de charge utile annoncés, l'offre anti-drones Orange Drone 360 de Hologarde et Orange Business, et le détecteur portable SkyKraken.

Le salon est-il réservé à la défense ?
Non, mais la défense et le dual dominent désormais l'offre d'exposition. Les usages civils restent représentés : pulvérisation agricole, lutte contre les incendies, surveillance périmétrique, cartographie et cargo.

Quand aura lieu la prochaine édition ?
En octobre 2027, pour une dixième édition annoncée comme élargie aux drones maritimes et terrestres.
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