Usages professionnels — France
Drone défibrillateur en service dans 32 communes de la métropole de Rouen
Déclenchement et coordination avec les secours

L'appel arrive à la régulation du SAMU 76A, l'antenne du CHU de Rouen. La demande est transmise à Delivrone, l'exploitant. Quinze secondes après l'alerte, le drone est déclenché. La chaîne compte trois maillons identifiés : la régulation médicale du CHU de Rouen, l'opérateur Delivrone et le témoin présent sur les lieux. Le SAMU 76A est l'une des deux antennes du département ; la seconde, le SAMU 76B, est rattachée au Havre. Le CHU de Rouen porte la régulation médicale de la première.
Les critères d'engagement du drone ne sont pas décrits. Rien n'indique si la régulation le choisit systématiquement ou si elle l'envoie selon des conditions précises : distance de la victime, disponibilité d'un véhicule, nature de l'appel reçu au 15.
Base de Bois-Guillaume et essais de 2024
Le drone décolle d'une base unique, installée à Bois-Guillaume, commune au nord de Rouen. Le rayon de couverture annoncé est de 8 kilomètres. Un cercle de ce rayon délimite une surface d'environ 200 km². Le dispositif dessert 32 communes de la métropole.
Les essais se sont déroulés en 2024. Le nombre de vols effectués, la durée de la campagne, les conditions météorologiques testées et les incidents rencontrés pendant la phase d'essai ne figurent pas dans les éléments transmis. Rien n'indique non plus combien de temps sépare le dernier essai de la mise en service.
Gain de temps pour les témoins

Le gain repose sur le délai de déclenchement, quinze secondes après l'alerte, puis sur le vol. Le témoin n'attend pas l'ambulance ou le fourgon des pompiers : il reçoit un défibrillateur automatisé externe, découvre le torse de la victime, colle les deux électrodes. L'appareil analyse le rythme cardiaque et délivre un choc si le rythme le justifie. La manipulation est guidée par une voix enregistrée et, en parallèle, par la régulation au téléphone.
Le temps de vol n'est pas communiqué, ce qui empêche de chiffrer le gain réel par rapport à un véhicule de secours. Plus la victime est loin de Bois-Guillaume, plus le trajet du drone s'allonge. La couverture s'arrête à 8 kilomètres du point de départ. La comparaison avec un véhicule dépend de la circulation, que les paramètres communiqués ne prennent pas en compte.
Coûts pour un SDIS
Aucun chiffre n'a été communiqué sur ce que coûterait le dispositif à un service départemental d'incendie et de secours. Ni le prix d'acquisition d'un appareil, ni le coût de maintenance, ni celui de la formation des télépilotes, ni le coût d'une intervention ne sont documentés. Le porteur du budget, SDIS, ARS, métropole ou exploitant privé, n'apparaît pas dans les éléments disponibles. Le drone est présenté comme en service ; aucun des postes de dépense correspondants n'est chiffré.
Financement, cadre réglementaire et éléments transposables
Le financement n'est pas détaillé : ni le montant investi, ni la répartition entre collectivités et opérateur, ni la durée de l'engagement. Le cadre réglementaire de l'exploitation ne l'est pas davantage. Un drone qui vole hors vue au-dessus d'une agglomération relève d'un scénario déclaré au titre de la réglementation européenne applicable aux aéronefs sans pilote, avec une zone d'exploitation définie, une hauteur de vol plafonnée et des procédures en cas de perte de liaison. Aucun de ces paramètres n'est public pour le dispositif rouennais.
Quatre éléments sont transposables tels quels : une base unique, un rayon de 8 kilomètres, 32 communes desservies, un déclenchement en 15 secondes. Un SDIS qui voudrait monter le même type de dispositif devrait d'abord mesurer la densité de population dans le rayon, la fréquence des arrêts cardiaques dans la zone et l'existence d'un site d'où faire décoller l'appareil. Le montage rouennais associe un opérateur privé à un CHU et à une régulation de SAMU ; cette combinaison, autant que la machine, définit le dispositif.
Questions fréquentes
Qui déclenche le drone ?
Le SAMU 76A, après avoir reçu un appel d'urgenc pour arrêt cardiaque, décide de l'envoi en transmettant les coordonnées GPS à l'opérateur Delivrone.
Quelle zone est couverte par le service ?
32 communes de la métropole de Rouen, depuis une base située à Bois-Guillaume, avec un rayon d'action de 8 kilomètres.
Le drone remplace les ambulances ?
Non, il les complémente en livrant un défibrillatur avant l'arrivée des secours, sans se substituer à l'intervntion médicale.
← Retour à l’accueil · Recherche · Proposer un sujet · Read in English
